DIALOGUE INCLUSIF: « Car les institutions, à elles seules, ne suffisent plus face aux menaces extérieures (Interview- Emery Damien KALWIRA).

DIALOGUE INCLUSIF: « Car les institutions, à elles seules, ne suffisent plus face aux menaces extérieures (Interview- Emery Damien KALWIRA).

RDC | « Refuser le dialogue aujourd’hui, c’est prendre la responsabilité de s’exclure de l’histoire nationale » [Interview – Emery-Damien Kalwira – Président de la Coalition Populaire de la RDC]

Réalisée par Lintervieweur.cd.

Face aux défis sécuritaires persistants et aux tensions politiques internes, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a annoncé, le 31 janvier 2026, les conditions de la tenue prochaine d’un dialogue national.

Cette déclaration, faite devant les corps diplomatiques accrédités à Kinshasa, relance le débat sur la cohésion nationale et l’avenir politique du pays.

Dans une interview accordée à L’INTERVIEWEUR.CD, le Président de la Coalition Populaire de la RDC, M. Emery-Damien Kalwira passe en revue les éléments clés de ce dialogue tant attendu par les congolais :

 

Comment avez-vous accueilli l’annonce de l’acceptation du dialogue par le Président de la République ?

C’est une avancée majeure pour la restauration de l’ordre de l’État et de la souveraineté territoriale de la RDC, aujourd’hui gravement menacée. Cette décision rejoint l’une des recommandations issues de notre conférence du 12 octobre 2025 à Paris. Tout Congolais animé d’un véritable esprit patriotique ne peut que saluer la tenue prochaine de ce dialogue à Kinshasa.

 

Pourquoi ce dialogue intervient-t-il maintenant ?

Parce que le moment est critique. Le pays fait face à un risque réel de démembrement. Le Chef de l’État a compris que seul un dialogue national peut rassembler les Congolais et permettre des décisions souveraines pour sauver la nation.

 

S’agit-il d’une réponse à des pressions politiques ou internationales ?

C’est avant tout une décision de sagesse politique. Elle répond à l’appel du peuple congolais, confronté à l’impuissance des institutions face à l’agression et à l’occupation étrangère. L’unité nationale est aujourd’hui une nécessité vitale.

 

Que représente le dialogue politique dans le contexte actuel ?

C’est une solution politique à une crise fondamentalement politique. Les institutions, à elles seules, ne suffisent plus. L’union des forces patriotiques est indispensable pour faire face aux menaces qui pèsent sur le pays.

 

Qui doit impérativement participer à ce dialogue ?

Tous ceux qui aiment sincèrement le Congo, sans condition. Ce dialogue doit rompre avec les erreurs du passé et mettre fin à la logique des armes et de la violence comme moyens d’accès aux avantages et privilèges liés aux fonctions du pouvoir de l’État.

 

Des absences pourraient-elles fragiliser le dialogue ?

Non. Après plus de trente ans de conflits et des millions de morts, personne ne peut prétendre monopoliser la paix. Ceux qui refuseront le dialogue prendront la responsabilité de s’exclure de l’histoire nationale.

 

Le Président est-il sincère dans sa démarche ?

Je crois à la sincérité du Président de la République. Et même si tel n’était pas le cas, ce dont je doute fortement, la situation actuelle n’offre aucune alternative crédible en dehors du dialogue national inclusif.
Je connais le Président Félix Tshisekedi depuis plus de dix ans. Bien que nous appartenions à des camps politiques opposés, je l’ai côtoyé à l’époque de l’opposition, lorsque je dirigeais la CCT – Coalition des Congolais pour la transition sans Joseph Kabila – et qu’il était président du Rassemblement des oppositions (RASSOP), favorables aux élections contestées de 2018.
Ce n’est pas un homme qui parle pour flatter. Il est objectif. Nous attendons désormais que le Chef de l’État prenne l’ordonnance présidentielle convoquant officiellement le dialogue national inclusif à Kinshasa, qu’il désigne la médiation et fixe la date des travaux pour le salut du pays.

La liste de nos délégués est prête et déjà sur sa table.

 

Ce dialogue peut-il produire des solutions durables ?

Ce dialogue national inclusif constitue une voie idoine pour mettre fin durablement à la crise politique et sécuritaire. L’histoire nous enseigne que rien ne résiste à un peuple uni dans l’action. Un peuple uni est un peuple vainqueur. Ceux qui invoquent des raisons sécuritaires pour justifier leur boycott se trompent. L’Angola, qui assure la facilitation au nom de l’Union africaine, dispose d’une armée et d’une police dissuasives reconnues à l’échelle du continent. Investies d’un mandat ad hoc, les forces spéciales angolaises peuvent être déployées à Kinshasa pour sécuriser l’ensemble des participants durant toute la durée des travaux.

 

Avez-vous confiance dans les conclusions ?

Oui. Ce dialogue peut déboucher sur des résolutions fortes pour restaurer l’autorité de l’État, ramener la paix, engager des réformes politiques et électorales, et repenser les politiques économiques et sociales au profit du peuple.

 

Quelles garanties pour éviter un dialogue de façade ?

La seule garantie, c’est notre responsabilité historique. Nous n’avons ni droit à l’erreur ni à l’échec. Ce dialogue doit produire des décisions engageantes pour l’avenir des générations futures de la RDC.

 

Je vous remercie.

 

Emery-Damien KALWIRA.
Président de la Coalition populaire de la RDC.